Polémique, invitation au débat

Pascal Colrat, artiste photographe et affichiste, a crée l'image présentée sur ce blog. Laurent Klajnbaum, directeur de la communication du pcf, a décidé de la diffuser sur la manifestation du 23 mars accompagnée d'un texte au verso. Cette image a suscité la sympathie et le rire de la quasi totalité des manifestants et des passants auxquels elle a été distribuée. A la suite de quelques remarques évoquant notamment la possibilité d'un appel à la violence, Pascal Colrat et Laurent Klajnbaum ont souhaité ouvrir un débat sur cette question, en signant un texte commun.
« Nous souhaitons ouvrir ce débat à un moment où sont interrogées les limites des fictions. Nous ne parlerons pas ici d'exhortations ou de préconisations mais de fictions, comme le sont les oeuvres crées par des artistes ou encore les caricatures telle celle de Stéphane Guillon dans son Portrait d'Éric Besson ce lundi sur France Inter.
En ce qui concerne l'image ci-contre, nous voulons préciser de suite le contexte de sa distribution : une grande manifestation intersyndicale pour demander le retrait des projets de réformes cassant le système des retraites, d'éducation ou de santé publique, exiger d'autres choix politiques notamment sur l'emploi, les salaires, les conditions de travail et les services publics, deux jours après une défaite électorale cinglante pour la droite. Un lieu d'échange et de partage donc, où l'image et le texte peuvent être parlés.
Très bien accueillie lors de la distribution, quelques personnes lui ont adressée un reproche : en montrant Nicolas Sarkozy avec un coquard, elle appellerait à commettre une atteinte physique à la personne du Président voire à la violence d'une manière générale.
Cela nous semble ridicule.
Nous ne voulons pas développer sur la violence extrême de la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy, sans commune mesure, puisqu'elle est réelle, avec la violence symbolique d'une image. Le débat avec ceux qui ne partagent pas ce point de vue ne nous intéresse pas.
Nous pensons qu'une oeuvre exerce toujours une certaine violence sur le réel qui lui sert d'appui.
Plus particulièrement, cette image joue avec les signes, comme un calembour avec les mots. Son sens est simple à comprendre. Nicolas Sarkozy incarne aujourd'hui la droite. Il n'est pas le dernier a utiliser le vocabulaire des sports de combats et de la guerre. L'homme au «Karcher», l'«éliminateur de la racaille» se présente comme «un battant». Après les deux tours des régionales, 1er round d'une séquence qui va encore durer, ses mots se retournent contre lui. Nicolas Sarkozy , malgré son déni, est «sonné» . Il a reçu une «bonne gauche». Rien de plus que la mise en photo de l'arroseur arrosé, le coup à l'œil est symbolique et réalisé grâce à photoshop. Les inquiets peuvent être rassurés.
L'envie de frapper Nicolas Sarkozy doit exister. En dehors même de l'existence de cette image. Mais tout le monde sait que vivre en société implique de ne pas toujours se livrer à l'immédiateté de ses envies. Ce «portrait», loin d'être un appel à la haine crée de la distance avec l'envie de passer à l'acte. C'est pour cela que beaucoup de gens rient en le voyant. Penser qu'il peut inciter à cogner, c'est avoir peu de considération pour ceux qui le regardent. Peut être même les envisager comme des esprits faibles en se regardant soi-même comme tellement fort ?
Enfin comment interpréter ceux qui maintiennent que, même symboliquement, l'intégrité de Nicolas Sarkozy ne peut être atteinte ? Nous ne leur ferons pas l'injure de penser que l'image du Président serait une icône intouchable. Cela nous pose néanmoins une question : la violence ne serait-elle représentable qu'à la condition de s'exercer sur les victimes et jamais sur les puissants ? Ne peut-on rire qu'aux coups reçus par un vagabond comme Charlot alors que le patron de l'entreprise des Temps Modernes serait indéboulonnable voire «tabou» ?
Ces questions, et d'autres, nous
nous les posons, parce qu'effectivement nous pensons que créer des images ou
les diffuser est une responsabilité. Nous voulons continuer à le faire, dans le
champs politique, sans renoncer à rien de ce qui nous paraît important.. Nous
ne prétendons pas être détenteur de la vérité, nous voulons ouvrir un dialogue
qui nous semble essentiel pour ne replier aucun possible dans un moment où la
tendance va, nous semble-t-il, vers un rabougrissement. Nous vous invitons donc
à prendre la parole vous aussi pour entamer, entre nous, un dialogue
nécessaire. »
Pascal Colrat – Laurent Klajnbaum
Pascal,
Je suis extrêmement choqué par ton image de Sarkozy-l'oeil-en-sang.
Elle est ig-noble et surtout je suis scandalisé que tu aies trouvé un supporter actif dans le Parti communiste français pour l'éditer et la diffuser. C'est une faute politique absolue. Confondre la représentation de l'ennemi politique avec son corps vivant c'est faire injure à toute l'humanité.
Si le slogan "une bonne gauche" est parfaitement juste et surtout nous fait sourire, cette "représentation" photographique et réaliste, elle, nous renvoie à cette idée déjà trop répandue que les cocos c'est comme le FN : des brutes épaisses. Comme tu n'en es pas une, je te prie réellement de réfléchir à ce que tu viens de faire probablement dans le feu de l'action ‹mais ce n'est pas une excuse‹ et espère avec toute l'amitié que j'ai pour toi que tu comprennes ton erreur et fasses tout pour arrêter sa diffusion.
Bien à toi,
Pierre
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Pierre Bernard
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Commentaires sur Polémique, invitation au débat
- j'avais le choixCher Michel,

J'avais le choix entre 3 images sur la sucette Decaux. Sur les conseils d'un vieux monsieur assis près du panneau "Vel' d'hiv'" qui, d'après son histoire, avait vécu de plein fouet la déportation, il m'a fait remarqué la pertinence du message entre Paris se souvient le visage de Sarkozy. Tu connais ma position et les images que j'ai pu faire avec toi sur cette période très sombre de l'histoire. Il y a aujourd'hui des expulsions d'afghans dans leur pays qui n'ont pas l'ampleur de ce qui s'est passé en 1942 mais il est vrai que moi j'y vois un rapport. Je ne suis pas encarté et je ne l'ai jamais été. Mes images sont libres. Ma vraie sensibilité politique aujourd'hui est plus proche d'un Noam Chomsky malheureusement difficile à trouver aujourd'hui en France.
Maintenant si tu le veux j'arrête de t'envoyer des images.
Je te souhaite d'aller pour le mieux.
Pascal - NS n'est pas Rocky BalboaCher Pascal,

ma première réaction a été dans rire dès que cette image m'est parvenue. Affectionnant particulièrement, comme tu le sais, ton travail et ton imagination créative et artistique, j'ai relayer cette image sur Facebook pour la partager avec quelques amis, mais puisque elle ouvre le débat sur la violence physique et symbolique qu'elle véhicule, je pense en effet que NS s'en remettra. Par contre la violence de sa politique économique et sociale et celle que sert également ses lieutenants font plus de dégâts dans notre société que cette image évocatrice d'un après combat. NS n'est pas Rocky Balboa, il vient de perdre un combat politique important. Les Français sont en rage contre lui car ils avaient misé beaucoup d'espoir sur son discourt de réforme du pays. En guise de cela ils vont devoir payer la facture de sa politique et cela sur plusieurs générations. Cela me paraît bien plus violent car cela effecte directement les ménages des Français et les perspectives de jours meilleurs.
Au fond la bétise de nos politiciens fait bien plus de dégats que la méchanceté de ceux et celles qui brocardent et caricature leur image.
Je t'encourage à continuer et à le faire pour que notre pays reste une démocratie et qu'il n'y ait aucun recul sur sa liberté d'expression.
A bientôt...
Florian - Cher Pascal,Cher Pascal,

Je suis assez d'accord avec le témoignage de Pierre. Cette image m'a dérangée.
J'en perçois bien sûr la dimension métaphorique mais la représentation de la violence physique sur le corps évoque d'autres dimensions malsaines.
J'ai encore sur mon bureau tes images de Chirac. Je préférais l'humour.
Je t'embrasse
delphine - première réactioncher Pascal.

Bien sûr une première réaction à ton mail : un sentiment de connivence
avec toi, avec ton image,
et le sentiment que la réaction de PB est surjouée. Sans doute ne
l'est-elle pas dans l'esprit de PB, mais moi, j'ai un sentiment
d'excès, de volonté surjouée de donner une leçon de civisme. Alors que :
Quand j'ai lu en bas des affcihes du Front de gauche : donner une
bonne gauche à la droite, j'ai comme sans doute
des milliers d'autres, créer une image mentale avec un parcours
basique :
je lis le truc, je l'associe à 'filer une droite de boxeur", puis "te
coller une bonne droite dans ta gueule" et enfin,
"heureux du renversement que ce ne soit plus la droite qui gagne".
Et au bout, l'image d'un boxeur battu par... le battu habituel.
>Ni plus ni moins.
Ensuite ce matin, trois images me reviennent :
1/ le plaisir d'avoir vu un graphitti il y a quelques années. A la
place du J'[DESSIN D'UN COEUR] SARKO.
Il y avait "J'[UN DESSIN D'UN CUL] SARKO.
2/ un fax reçu de Gérard (Paris-Clavel) citant un dessin de Michel
(Quarez) ou l'inverse, voire un fax co-signé, je ne
me rappelle plus. C'était sur la question des logos sur les affiches.
L'un ou l'autre, ou l'un et l'autre avait dessiné un étron
fumant avec les mouches, qui disait "J'[DESSIN ETRON] les logos.
3/ Plus récemment, pendant l'exposition d'ouverture du nouveau musée
d'art contemporain de Bolzano (Italie), le pape et l'extrême
doite ont exigé et obtenu le licenciement de la directrice (corinne
diserens) par qu'elle avait accroché une oeuvre de Martin Kippenberber
(une grenouille en plastique verte cruxifiée)
A aucun moment je n'ai imaginé quelqu'un sodomisant sarkozy, chiant
sur un fax ou disant que JC était vert.
Je crois que surjouer l'offense morale, surjouer le rappel à une
éthique inventée pour la circonstance, utiliser un langage qui je trouve
d'une grande violence pour critiquer ton image et ta personne est un
acte bedonnant sans grand intérêt.
Qu'auraient dit ces bien-pensants devant les correspondances des
Surréalistes, des Situs ?
Rappeler que la réalité est bien plus cruelle et destructrice que sa
représentation.
Ce que je trouve d'une grande violence sociale et morale c'est qu'on
nous fasse croire qu'un objet qui coûte 3,99 euros est plus proche de
3 que de 4.
amitiés
marc - No CommentAutant j'aime profondément le travail artistique de Pascal Colrat autant je trouve cette image soit disant politique totalement régressive ... Quand allons nous enfin agir au lieu de réagir ...? Et puis tout cela n'éveille en rien l'Imaginaire seul apte à révolutionner la réalité de notre misère humaine ...!

A quand une affiche représentant Pierre Laurent en sourd et aveugle pour avoir "omis" au Zénith de parler haut et fort de CULTURE pendant la campagne des régionales ...??? - voir le voirChair Pascal

Comme je te l'ai dit au téléphone, cette image est effectivement discutable. Pas d'un point de vue morale mais plutôt éthique (de l'image) sur la façon dont une chose représentée est plus ou moins forte, sensible, intelligente, inovante etc...
Ce que j'ai appris de grands artistes du photomontage et/ou de l'affiche politique (je pense à J. Heartfield, Grapus, G. Rambow...) c'est que la manipulation du sens par les techniques de l'art visuel doit être visible et sans ambiguïté. C’est d’ailleurs de cette façon que l’écriture artistique s’affirme ou se révèle.
Dans l’image de N.S., la blessure infligée par la bonne (?) gauche est hyperréaliste ; la photo d’un homme connu ayant subi une violence. Dans le contexte de la fabrication et de la diffusion de cette image, je ne pense pas que qui que ce soit (sauf peut-être des enfants) croit qu’il s’agisse d’une véritable photo non retouchée.
Voilà le mot… nous sommes face à une photo « retouchée» et non dans la tradition du meilleur photomontage d’images « montées » (que tu sais aussi bien faire).
Retoucher est pour moi une façon de nous détourné du sens réel de l’histoire et de la matérialité des choses comme le font si bien (techniquement) pour des desseins si misérables les publicitaires de notre époque, les censeurs staliniens du passé dans leur frénésie de la disparition des corps. Refaire sans poésie ni invention un monde qui ne correspond pas à l’ordre de nos désirs.
L’ambiguïté de cette retouche est dans la somme des remarques qu’elle suscite. Il y a celles et ceux pour qui la représentation fantasmée du président de la RF blessé par un coup « réel » va de soi comme si elle correspondait à la réalisation d’un geste désiré, et d’autres dont je me sens plus proche sans toutefois partager leur analyse ou leur coup de sang pour qui, même le dernier des salauds ne mérite pas la torture (même visuelle). Car c’est ici le corps qui est torturé et non l’image.
On peut assez facilement imaginer comment cette image aurait été réussie, avec la possibilité d’enchanter et de faire rigoler tout le monde (même de droite).
Un cocard simplement dessiné ou en applat cercle parfait, noir ou en fondu (peut-être en bleu-blanc-rouge en veillant à ce que le FN n’y trouve pas son miel…) disait « la bonne gauche » de façon visuelle plus forte, plus expressive et manifestement plus graphique que cette proposition.
Je ne vois pas depuis longtemps de bonnes images largement diffusées du PCF, je pense que les responsables du parti ne sont malheureusement pas cultivés dans ce domaine et qu’ils ont les yeux conformés, comme la plupart de mes concitoyens, à la merde visuelle ambiante.
(Je les encourage à regarder sur mon site officiel quelques images politiques récentes, diffusées dans des manifestations et très bien accueillies (des militants communistes me demandant pourquoi le parti n’en avait pas d’aussi « sensées »)).
A nous cher Pascal, chers amis graphistes artistes de les ramener à une expression graphique autant humaniste, poétique et inventive que celle des idées que nous disons défendre.
Une bonne expo Grapus ne ferait pas de mal à leur mémoire…
Quant à cette image, je dirai (pour citer Raoul Vaneigem) que ce n’est pas une faute, c’est juste une erreur et les erreurs se corrigent…
Bise
vincent - je pense que l'idée est bonneje pense que l'idée est bonne, lourde de sens, qu'elle est extrêmement

provocante, assez abusée tout en étant comique
mais il y aura toujours des gens un peu "simple" qui prendrons ce genre
d'image au premier degré et du coup cela devient "dangereux"
c'est dommage qu'il y ai des crétins sans humour sur terre - Cher Pascal,

J'ai approuvé cette image et bien évidemment que mon organisation s'en saisisse.
Il y a bien sûr mille et une manière de dire la violence du rêve sarkoziste. Car c'est d'abord de cela qu'il s'agit.
Celle que tu choisis à le mérite de nous faire exister par rapport à l'image : elle interroge nos pulsions quotidiennes à vouloir gifler les petits tyrans médiatiques, les ministres et bien sûr Sarkozy.
Penser à cogner, c'est aussitôt y renoncer pour chercher les autres formes de la lutte, de la riposte. Une stimulation bien utile que ton image porte à merveille.
Merci. - " Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. "Cher Pascal, Cher Laurent,

Je n’ai pas d’affection pour cette image de Pascal Colrat, c’est un cas particulier car l’Oeuvre de ce photographe affichiste est une référence artistique pour moi. J’admire cet homme pour sa sensibilité créative, son regard sur le monde, son sens de l’image et du signe, la force et la conviction de son travail... et aussi pour son caractère d’homme fort et sincère. Ses images me transportent : ses affiches sont pleines de sens, politiques, poétiques, ... et quelle bulle d’air est-ce face à la pollution visuelle imposée, la «pub», qu’on croise tous les 3 mètres dans Paris! Mais c’est ici une première fois où l’image ne me touche pas dans «le bon sens». Il est délicat pour moi d’en parler à coeur ouvert, mais j’ai envie de m’exprimer sur cette image, donc j’ose.
Je trouve l’idée de Sarkozy qui se prend «une bonne gauche» très drôle, très bien trouvée! J’adore ces jeux de mots qui résonnent parfaitement avec l’actualité!
On voit bien qu’il s’agit d’un photomontage, c’était pour moi en tout cas évident. Mais la représentation qui en est faite avec ce photomontage ne me fait pas rire, car je la trouve trop réaliste. Bien qu’il s’agisse «juste» d’un coquard, et que l’oeil du président ne soit ensanglanté comme le dit Pierre Bernard dans sa lettre, je trouve que cette dégradation sur un visage humain est dure et régressive (bien que je puisse comprendre que l’on puisse détester Mr Sarkozy pour ses actes et ses mots violents, et ainsi vouloir lui décrocher un crochet du gauche... mais je ne me placerai pas politiquement dans cet écrit).
Je ne suis pas ravie de tout ce qu’il se passe politiquement aujourd’hui, mais je vous avoue que je ne comprends sûrement pas la moitié de cette politique française que j’observe du haut de mes 23 ans, d’où le coup de colère du PCF que je ne ressens pas aussi fort en moi, mais je trouve malheureux qu’il faille souvent en venir à la force pour se faire entendre. C’est l’image d’un homme (au sens large) violenté qui me déplait. Car ce coquard fait mal et n’est pas à mon sens assez caricatural pour être drôle tant le montage se veut plausible. Et c’est là où se trouve peut-être une faiblesse dans cette image : le sens pour lequel elle a été créée n’est pas compris immédiatement par tout le monde comme une image qui se veut drôle. Si c’est une image humoristique, elle devrait avoir le pouvoir de faire rire plus de gens et ne pas partager les avis en 2 parties quasi égales (en me référant les commentaires postés à présent). La violence n’a pas à être «exercée» plus sur les «victimes» que les «puissants» comme se demande Laurent Klajnbaum dans sa lettre, elle ne devrait pas être exercée sur un homme tout court. «L’ultime faiblesse de la violence est que c’est une spirale descendante, engendrant la chose même qu’elle cherche à détruire. Au lieu d’affaiblir le mal, elle le multiplie. En utilisant la violence, vous pouvez tuer le menteur, mais vous ne pouvez pas tuer le mensonge, ni rétablir la vérité. En utilisant la violence, vous pouvez assassiner le haineux, mais vous ne pouvez pas tuer la haine. En fait, la violence fait simplement grandir la haine.» (Martin Luther King)
La violence dite «verbale et intelligente» est à mon sens bien plus fine et piquante que la violence physique des gros bras. L’une atteint le corps, l’autre le cerveau... et au final, c’est tout de même ce dernier qui commande le premier.
Je conclurai donc que cette image est discutable, mais je préfère à cette image d’ecchymose l’humour verbal, sarcastique et/ou ironique dont Pascal Colrat sait aussi faire preuve (que je vous invite à découvrir ici : http://www.pascalcolrat.fr/post%20card/internet/internet.htm)
Je suis tout à fait de l’avis du commentaire de Vincent Perrotet, dont j’ai été ravie de lire la participation à ce débat...
Je vous remercie de cet espace d’expression libre qu’offre le blog de Pascal Colrat. Votre lettre commune est importante et pertinente car elle explique votre démarche et montre bien que vous assumez la diffusion de cette image en restant ouvert au débat et à la critique. C’est une chose qu’on aimerait voir plus souvent! La liberté d’expression est un droit que l’on doit protéger, et il est de notre devoir d’ouvrir nos grandes gueules tant que nos intentions sont honorables. «Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire.» (Voltaire). Pascal, tu as tous mes encouragements.
Comme bien des gens, je hais les injustices et évite d’en commettre. Je ne pense pas que la violence soit le meilleur moyen pour régler les choses, mais hélas, beaucoup d’hommes sont des sanguins et préfèrent la guerre (je ne parle pas de vous Pascal et Laurent, bien sûr). Mais là nous entrons dans un autre débat.
N’oublions pas que par la non-violence peuvent aussi se réaliser de grandes choses, comme nous ont prouvé des hommes tels que Martin Luther King ou encore Gandhi que je citerai (oui encore une citation) pour terminer ce commentaire avec une phrase qui va bien avec votre image :
« Œil pour œil et le monde finira aveugle. ».
Laëtitia - Cher Pascal,Cher Pascal,

Comme tu sais je n'ai rien contre les débats, je suis même plutôt pour
les favoriser,
mais là en l'occurrence je n'avais pas l'idée en t'écrivant que mon
courrier se transformerait
en lettre ouverte ! et susciterait une polémique.
Why not, je ne te le reproche pas, mais si je l'avais su, j'aurai
argumenté encore plus
sérieusement.
Heureusement Vincent P. a pris le relais, sans qu'on se soit concerté
d'ailleurs,
et a développé l'argument essentiel : le manque de distance entre
l'expression populaire
sympathique "une bonne gauche" et son illustration photo-shopée hyper-
réaliste —et donc triste—
sans lieu pour se réjouir de la bonne gauche qu'on lui a infligée.
Je trouve par ailleurs et presque toujours que la métaphore du sport
pour parler de politique
tend à la rendre inoffensive et vaine et d'une certaine manière cette
image pour moi n'échappe
pas la règle.
Mais les paroles sont plus aisées que les actes et les images, je sais
que tu le sais,
Cordialement,
Pierre - PierrePierre

J'ai tu le sais un immense respect pour ton travail et l'oeuvre en cours.
J'apprécies beaucoup cet espace de débat.
Au regard des appels que je reçois , cela semble d'une grande nécessité de pouvoir parler d'images.
Et de laisser parler.
Ensuite je ne partage pas tout, de la conception du photomontage dont parle Vincent.
Percevoir le montage est en effet une règle fondamentale dans la construction d'un photomontage, elle lui donne cette distance que beaucoup pense
Nécessaire.
Je pense pour ma part que cette confusion, dans la non perception du montage est tout aussi intéressante et stimulante.
Les règles doivent être bousculées, surtout dans le domaine de la création.
Où application d'un principe, devient vite essoufflement du principe.
Merci d'avoir lancé ce débat même involontairement.
amicalement - A ta place je lui aurais pété les dentsMon Bik,

Alors là j'hallucine! On se dit "extrêmement choqué", "scandalisé", on parle "d'injure à toute l'humanité", de "violence crue", que ton image aurait une "dimension malsaine", qu'elle serait "totalement régressive", "sans poésie ni invention", dans "la merde visuelle ambiante", bref une "erreur"...Si on met la barre aussi haute, mais alors, comment réagir à la violence, je veux dire la vraie, celle que l'on côtoie tous les jours? Comment serait-il possible de la supporter lachement comme le font beaucoup d'entre nous si un simple oeil au beurre noir trafiqué sur photo shop nous fait perdre les pédales?
Je pense que toutes ces personnes aussi offusquées qu'elles le prétendent par ton image exagèrent un peu...
On accepte d'être bombardés par des images d'une violence extrême (je fais partie de la génération des enfants traumatisés par cette petite fille agonisant en direct bloquée dans les décombres suite à un séisme) et on serait outrés par ton image devenue emblème de la violence absolue???? Il faut pas déconner quand même!
Des gens crèvent de faim pendant que d'autres bouffent du caviar, à 65 ans la plupart de nos parents (je parle pour ceux qui sont issus du milieu ouvrier comme moi) en paraissaient 90 avant de finir épuisés par le travail: elle est là par exemple la vraie violence, que l'on n'aille pas l'inventer ailleurs.
Alors c'est vrai que je ne sui pas trés objective: j'ai voté à gauche dimanche dernier, comme toujours, et je suis bien contente du résultat, c'est vrai aussi que j'étais Cerdan dans une vie antérieure, c'est vrai encore que je que j'ai toujours adoré toutes tes images et que c'est normal pour une petite soeur, mais je t'assure mon Bik que ton image est drôle comme souvent, pêchue encore plus que d'habitude et qu'elle n'est en rien malsaine ni même injurieuse ou dégradante pour ceux qui la regardent...je la trouve même un peu soft, voire light et à ta place (...si seulement j'avais ton talent) je crois que je lui aurais pété les dents.
Didart - Des gens crèventDes gens crèvent de faim pendant que d'autres bouffent du caviar, à 65 ans la plupart de nos parents (je parle pour ceux qui sont issus du milieu ouvrier comme moi) en paraissaient 90 avant de finir épuisés par le travail: elle est là par exemple la vraie violence, que l'on n'aille pas l'inventer ailleurs.

Ce que je trouve d'une grande violence sociale et morale c'est qu'on
nous fasse croire qu'un objet qui coûte 3,99 euros est plus proche de
3 que de 4. - la prochaine ce n'est pas un oeil au beurre noire mais pire.Quant à cette image, je dirai (pour citer Raoul Vaneigem) que ce n’est pas une faute, c’est juste une erreur et les erreurs se corrigent…

cher Vincent
considerer mon image comme un erreur, why not.
pour moi elle ne l'est pas.
elle est même très loin de la violence que subissent jours après jours, heures après heures de nombreux de nos concitoyens.
la violence de Sarkozy c'est de se vautrer au Fouquet's le soir de son élection en oubliant qu'il y a en France deux millions d'enfants qui vivent sous le seuil de la pauvreté.
c'est de renvoyer chez eux des afghans dont il connait leur sort une fois sur place.
c'est permettre à sa compagne de parler "de cocaine" dans ses chansons alors que lui fait la guerre à ladrogue en banlieue.
c'est laisser crever de froid l'hiver un deplus des sans abris.
ou encore de traiter de sale con celui qui ne veux pas dialoguer.
la liste est longue très longue et la colère de beaucoup immense.
alors si tu savis...
si tu savais comme mon image est soft, très soft même. comme le pense beaucoup d'entre nous.
la prochaine ce n'est pas un oeil au beurre noire mais bien pire.
et rien ni personne, aucune lecon de bonne conduite graphique ne m'empêchera de la réaliser et de la diffuser. avec ou sans poteau shop
une image n'est pas un jolie susucre avec une jolie note au bout.
une image parfois ça peut aussi être un gros coup de geule.
une bonne vieille colère, et c'est sain ça évite de pourrir de l'intérieur.
alors ne compte par sur moi pour adoucis ou corriger quoique ce soit, ce n'est pas mon style
j'assume pleinement et totalement cette image.
comme sa diffusion par le pcf.
voila je suis désolé de mon texte brouillon truffffé de fote d'orthographes.
eh oui banlieue oblige.
certain en garde de légères traces , mais ce n'est pas grave.
comparé à d'autres.
tu as toute mon amitié
pascal
tr!s amicalement
pascal - coquard et moustacheLa France est contradictoirement un pays frondeur et une nation marquée par un profond respect de ses institutions. Surtout pour ceux qui les pensent comme rempart. Dans ma cité, très populaire, certains faits et gestes de nicolas sarkozy sont ressentis personnellement comme attentatoires à notre propre dignité dans la mesure où ils portent atteinte à la fonction présidentielle. Par des adversaires politiques de la droite comme pour certains de ses électeurs.

L'accollement iconoclaste d'un coquard au Président se situe dans cet entre-deux. Selon moi, la force que Pascal Colrat a donné à cette image, c'est de l'avoir pensée. Sorti de chez le coiffeur de l'Elysée, costume et cravate bleus, chemise blanche impeccable, légion d'honneur, la photo est officielle. le Président ne sort pas d'une rixe, ni d'une scène de ménage. Le bleu à l'oeil, réaliste dans son exécution, ne l'est pas dans ce contexte. C'est de toute évidence un montage. Ce sont ces contrastes, je crois, qui provoquent le rire. Qu'il ne soit pas partagé par tous, renvoie sans doute à des histoires et des sensibilités différentes qui ne constituent donc pas les même sens de l'humour. Tant mieux.
Par contre j'ai du mal avec certains arguments. J'aimerai que l'on m'explique en quoi la représentation d'une violence fictive serait impossible ici, hilarante par exemple dans les burlesques américains où le corps n'est pas plus respecté quand Charlot roue de coups le policeman, que Laurel, certes involontairement, torture Hardy sur son lit d'hôpital (http://www.kewego.fr/video/iLyROoaftYNX.html, ou que WC Fields, dentiste, martyrise sa cliente des beaux-quartiers (http://www.youtube.com/watch?v=fZR02qoJ9Y4) ?
Quant au soupçon d'appel à la violence, il me paraît aussi infondé que de prétendre que Duchamp aurait fait l'apologie du sexisme en mettant des moustaches à La Joconde.
Moi, j'aime bien ce coquard qui invente au Président un regard de chien battu . Personne ne pose la question de qu'il l'a fait. C'est photoshop, bien sûr. Mais chut, il faut pas dénoncer. - Personne ne pose la questionMoi, j'aime bien ce coquard qui invente au Président un regard de chien battu . Personne ne pose la question de qu'il l'a fait. C'est photoshop, bien sûr. Mais chut, il faut pas dénoncer.

c'est vrai tu as totalement raison Laurent.
la seule est vraie question est QUI a osé pocher notre président?
... - On a dit violence...Que “la violence” d’un photomontage ultra réaliste ne soit pas exercée sur un homme alors que ce même homme s’étale en violences verbales et actes politiques qui portent en soi des conséquences violentes ultra réalistes sur le quotidien des français m'apparaîtrait une aberration.

On a dit violence parce que le coup n'est pas dessiné.
On a dit violence parce qu'il s'agit d'un homme, en d'autre terme d'un être humain, de son corps.
On a dit violence parce qu'il n'y aurait à priori pas de quoi rire (l'image politique doit-elle toujours prêter au rire, à la distanciation pour être juste?).
On a dit violence parce que ce photomontage porte atteinte à l'image du président.
Pourtant, la violence de notre président est la même que celle de J.M Le Pen. Elle est un peu plus policée peut-être, mais elle est la même et elle reste Violence. Pascal Colrat aurait réalisé la même image avec J.M Le Pen, elle aurait été unanimement applaudie et là, point n’aurait été besoin de dessiner l’œil au beurre noir en cocarde tricolore ou en aplat cercle parfait. Alors, je ne comprends pas… Quelle est la différence entre la violence de notre président et celle de J.M Le Pen ? D’autant qu’actuellement c’est à la violence de notre président à laquelle nous sommes réellement confrontés. Peut-être est-ce parce qu’elle est la violence d’un président alors elle demande du recul, une certaine distanciation peut-être ? Pourtant, je crois bien que depuis la Révolution Française, le chef de l’état n’est plus une icône. Avoir la liberté de « toucher » à l’image du chef de l’état fait partie d’un combat terrible que nos ancêtres, ces fameux gens « pauvres » ont rudement mené et ont gagné. Ce combat, ces combats ont forgé de nouvelles valeurs « Liberté, Égalité, Fraternité » qui elles, sont, aujourd’hui, incessamment bafouées, violentées par notre président et nous devrions être humain, non-violent et lui opposer une bonne gauche « sympathique », humaniste, poétique et inventive?
On a dit violence… et moi, je ne trouve cette image, ni choquante, ni ignoble ou même inadmissible. Cette image n’est, du reste, qu’une des conséquences, et celle-ci est bien, bien gentille, de la politique et des actes de notre président.
Accepterions-nous, aujourd’hui, l’idée que les criminels nazis ne soient pas punis et ne souffrent pas en retour des violences infligées aux juifs par exemple. Demandez aux juifs qui ont vécu ces horreurs si pour nombres d’entre eux, ils n’auraient pas voulu faire subir à leurs bourreaux l’horreur de ce qu’ils vivaient. Demander le pardon, faire acte de non-violence (la prison étant une violence) aurait été, à juste titre, in envisageable, impossible et cela est non seulement Justice mais aussi profondément Humain.
Le dernier des salauds mérite la torture.
Sans aller jusqu’à comparer l’attitude et les actes de notre président avec ceux de Hitler et de ses criminels nazis – quoique son fameux « nettoyage au karcher » laisse toujours rêveur… quoique ses décisions vis à vis des réfugiés afghans soient totalement dénués de la moindre humanité… pour ne citer que ces quelques exemples… - ses décisions politiques appellent un retour dans la logique du mouvement de la vie celui de la responsabilité de ses actes et des conséquences que cela entraîne. D’ailleurs, Pascal Colrat et le PCF n’ont pas demandé le tribunal pour notre président, pour l’un en réalisant cette image, pour l’autre en la diffusant, ils ont simplement souligné que pour une fois, notre président, venait dans la suite logique, et la conséquence imparable de sa politique de se prendre, une réelle bonne gauche sans aucune sympathie, sans aplat noir ou en fondu, et toute chargée de la colère légitime non photo-shopée mais hyper réaliste de la plupart des français.
Nous vivons la conséquence de nos actes, de nos choix et de nos paroles.
Nous en sommes responsables.
Si, aujourd’hui, les français vivent la conséquence de leur choix d’hier, il est juste, aussi, que notre président vive la sienne. Qu’elle soit illustrée de façon photo-shopée, hyper réaliste- et donc triste… mais oui !… car la situation de la France aujourd’hui est d’une grande grande tristesse!- par Pascal Colrat ne fait que renforcer la prise de conscience de la gravité de ses actes et leurs répercussions violentes, concrètes et donc bien incarnés dans le quotidien des français et dans un sens ce débat en fait preuve que l’on défende ou non cette image...
B. - La connerie à ce point-là,monsieur photoshop est un logiciel de retouche,de traitement et de dessin assisté par ordinateur édité par Adobe. Il est principalement utilisé pour le traitement de photographies numériques, mais sert également à la création d’images ex nihilo.

il est aussi un grand ami de Nicolas Sarkozy,
un soir après un diner trop arrosé au Fouquet's
le ton monte et VLAN! une bonne gauche
ça calme, ça detends...
comme disais audiard : La connerie à ce point-là, moi, j'dis qu'ça devient gênant. - Je suis peu au fait des stratégies internes des partis de gauche (je doute qu'il y en ait d'ailleurs). Mais peut-être ont-ils trouvé dans l'image de Pascal un outil de propagande pour l'avènement d'une stratégie de «front commun anti-Sarkozy» pour 2012 (Le parti de Gauche avait bien commencé dans cette voie là en basant toute sa com' sur le «Cass'toi pov'con»).

Et cette stratégie me fout les boules, parce que si c'est vraisemblablement la plus «fédératrice» qu'ils puissent trouver, ce n'est en réalité qu'un précaire cache-misère à la non-recherche et à la non-concrétisation d'alternatives politiques et sociales. La gauche a lâché, lâchement, ses idéaux, à coup de bureaucratisation centraliste, et ne nous propose d'aller au rapport de force plus que pour… du vent. Aller crier dans des mégaphones sans piles.
Oui, Sarkozy et ses chiens de chasse s'affirment dans une violence puissante à laquelle on ne peut rester indifférents, même si l'on n'est pas en première ligne pour la prochaine réforme… (Il est quand même bon de rappeler que Sarkozy n'est que le pantin de notre super-élite industrialo-commerciale franco-internationale qui, je crois, est d'avantage responsable au quotidien de la misère qui nous entoure.) Mais comment réagir à cette violence?
Je crois que Pascal, le PCF et les partisans de cette image agissent comme un petit garçon de 6 ans, qui répond à la violence par la violence, dans une pure montée incontrôlée de nervosité, avec sa fierté de coq amoché. Pour la prochaine fois, je propose qu'ils illustrent cette expression populaire «Nique ta mère» ou un plus prosaïque «Bouge de là sinon j'te défonce».
Vous m'en voyez désolé, mais moi je ne veux pas de votre violence. Je veux voir des gens sereins. Des gens épanouis dans leur travail. Des parents confiants pour l'avenir de leurs enfants. Je veux voir des organisations politiques qui pratiquent la démocratie autrement que par le discours. Je veux voir des solidarités en acte. Je veux voir des gens refaire concrètement des petits bouts de monde. Qui aura l'intelligence et la douceur pour créer des images donnant de l'âme à ces envies? - BRAVO POUR CETTE BELLE IMAGE DE PRINTEMPSSalut à tous

j'étais dans la manif du 23 mars, cette affiche à été appréciée par tous les sympathisants et passants de PAris.
Elle illustre parfaitement la rancœur envers notre Président et la situation dramatique vécue par la jeunesse, les travailleurs et les retraités.
Après la fracture Sociale, le mépris social !!
j'ai posté quelques photos de la manif
http://www.flickr.com/photos/belhassen/with/4463150288/ - Le vrai combat c'est la lutte contre une réalité virtuelle......voire dans ce cas ci une réalité augmentée !

Bonjour, je suis graphiste depuis peu et formée dans une école de beaux-arts. Outre l'opinion politique qui est clairement évoqué dans ce débat je souhaiterai donnée mon avis sur l'image en elle-même. En effet, en tant que producteur d'images (et professionnels de celles-ci) je trouve que l'on se doit de combattre toutes formes d'images qui pourraient être trop dangereuse pour la société. Je veux parler de ces images que l'on fini par confondre avec la réalité, des images qui se substituent au réel ! Dans l'époque où nous vivons, 10 ans après le début de la télé-réalité et de la démocratisation de l'informatique-internet nous finissons par ne plus reconnaitre le vrai du faux le réel du virtuel, et je pense que cette image ne devient plus porteuse de sens des lors qu'elle tend à devenir le réel (la société de spectacle de Guy Debord ou encore les réflexions autour de l'image par Martine Joly). Je suis d'accord avec Pierre Bernard lorsqu'il suggère que l'expression "prendre une bonne gauche" s'apprêterait plus à ce genre d'action graphique. Il faut arrêter de donner des images aux significations pré-mâchés mais chercher à suggérer les choses avec toute la subtilité qui imccombe. Car en plus de desservir une société elle dessert la profession de graphiste qui elle-même devrait agir comme un garde fou puisque faisant partir d'un vrai pouvoir : les médias... A bon entendeur ! - un créateur garde fou n'est rien d'autre qu'un serviteurla profession de graphiste qui elle-même devrait agir comme un garde fou puisque faisant partir d'un vrai pouvoir : les médias...

"Des graphistes comme garde fou" quel drôle d'idée! Je pense que c'est précisément l'inverse l'artiste doit être une "stimulation" permanente, incessante, jamais un gardien de qui mon Dieu? de l'ordre établi?
Un artiste doit être un perturbateur, jouer avec le feu, jamais un gardien. Un créateur garde fou n'est rien d'autre qu'un serviteur vide de tout sens
Je vous laisse jouer ce rôle avec grand plaisir il y assez de prisons en France. à bon entendeur... - étrangeCher jean Paul je suis d’accord avec toi beaucoup de bruit pour rien une simple image d’un poing sur le visage de notre président

Et touts ces donneurs de leçons sur la façon de mettre en scène une image
C’est curieux du reste aucun d’eux ne prends la parole sur ce qui se passe en ce moment dans notre pays
Par contre ils y vont franco de leur remarques de mes erreurs éventuels étrange
Bise à toi - LE COURAGEPascal, ho, Pascal....

Peut etre te souviendras tu de moi ou pas???? mais la n'est pas la question. Car bien insinifiant que ce souvenir.
Par contre, si il y a un souvenir qui m'est cher, c'est celui ou tu me disais de façon disons un peu génée mais accompagnée d'un excellent verre de champagne gentillement offert par toi, que lors des élections de 2008, tu avais haut les coeurs voté pour ton candidat préféré, celui ou tu te retrouvais le mieux dans ces idées, celle de faire bouger la france, de la dynamiser, de la rajeunir à grands coups de concerts animés par Mireille Mathieu, Didier barbelivien, et surtout son ambition de faire évoluer la télé en la rendant plus moderne et de proposer de revenir à de vrais programmes tels que Thyerry La Fronde. Je ne fais que citer cet homme politique de génie.
Donc mon cher pascal, malgré tout le respect que je dois à ton art que je considère comme excellent et extrèmement créatif, tu me vois septique quant à l'impact d'une telle image, surtout quand celle-ci s'appuie sur un parti politique telle que le PC. Si ceux la avaient des solutions à nos, vos petits maux du quotidien, cela se saurait.
Il est bien beau de parler de l'ump alias SARKO dans ces grands moments en se foutant de leur gueule, le PC tout seul ne fait pas mieux, et l'autre avec son parti anti capitaliste guerre mieux.
Donc tu vois Pascal!!!!! je pense que tout acte révolutionnaire est important, vital pour une démocratie, pour la faire vivre et la faire perdurer, mais encore faut il s'appuyer sur de vrais bases, et non sur celles qui ce sont déja cassées la gueule, comme le dit un témoignage précédant. Et comme tu es de Vitry sur seine, tout comme moi, il fut une époque ou on assumait mieux les choses et ou le courage n'avait pas besoin de caution.
Le vrai courage sommes toute n'est pas trés compliqué, je crois, je pense qu'il se trouve dans les urnes. Pour cela il suffit simplement d'un minimum d'intelligence.
jeanPhilippeVolpi. un admirateur de ton art. sincerement. - pas choquée... étonnée!Merci pour ta réponse positive! je suis trés contente!

A propos de l'image de Sarkozy, je l'ai vu hier sur ton site, elle m'a un peu étonnée :) pas choquée... étonnée!
J'ai bien lu le texte accompagnant ton image, je suis d'accord sur le fait qu'etant donné le lieux et le contexte de diffusion cette image soit plus facile à "gérer" vu qu'il peut y avoir tout de suite dialogue entre ceux qui la montre, et ceux qui la regarde. Je suis aussi d'accord avec le fait que l'image de Sarkozy n'est pas une icone intouchable! Je ne sais pas si vraiment on peut justifier la création de cette image par rapport aux propos assez "guerriers" et "venimeux" qu'a pu dire Sarkozy...Je comprends trés bien le rapport avec le jeux de mot, et je pense pour ma part qu'il faut prendre tout cela au 2nd degres! Evidemment le texte aide cette image, et c'est le texte qui fait toute la difference surement.
Mais je crois que ça choque à cause du réalisme! L'image, ou disons... la retouche est tellement bien faite, que forcement c'est perturbant, en meme temps, comme disait Michal Batory, il ne faut pas qu'une image soit mal fait, sinon on ne voit pas l'image mais que le montage. Bref... tout ça pour dire que j'ai un avis mitigé :) comme d'habitude, j'ai pas encore les idées fixes, et j'ai pas encore trouvé ma réponse à : "jusqu'ou on peut aller avec la création d'une image?"
En éspérant avoir compris ce que vous avez voulu tout deux expliqué dans ce texte! Je te donne par mail mon avis de débutante :)
A bientot!
Hind - réponse à Hind et à d'autresDans mon texte précédent (le coquard et la moustache) je contestai ceux qui parlent de réalisme à propos de l'image de Pascal. Rien de plus irréel que cette image de Sarkozy décorée d'un coquard, en France, contrairement aux USA et récemment à l'Italie, nous n'avons pas l'habitude des agressions physiques sur nos Présidents. Pascal n'a pas choisit une image présidentielle au hasard : maquillage et soins du visage, vêtements et décoration, pose... tout plaide pour la photo officielle. C'est un choix artistique de base; beaucoup d'autres photos disponibles sur le net proposent des postures, des attitudes plus disposées à accueillir un gnon. Le réalisme du coquard va de pair avec l'irréalisme de son contexte. Je ne sais plus qui disait que personne ne pouvait penser qu'il s'agissait d'une photo non retouchée (même mes enfants de 9 et 10 ans). Sarkozy ne sort ni d'une rixe, ni d'une scène de ménage, ni d'un quelconque accident, il pose pour la postérité, l'ecchymose est postdatée (mais qui a donné ce coup de poing ?).

Ce débat esthétique aux retombées politiques est certes important. Mais pour ne pas un instant penser qu'il est un prétexte, j'aimerai que des actes répondent à un acte. Bien sûr, l'édition d'un tract et d'une image ne résout pas grand chose, ni ne portent en eux même l'ensemble des questions et de leur résolution - on trouvera toujours à redire. Quand même il y a eu un acte. Convenons qu'il y en a trop peu, dans une situation de régressions dans les domaine sociaux, de la justice et des libertés.
Que celui-ci ne fasse pas l'unanimité tant mieux. Personne ne serait satisfait d'un score d'adhésion soviétique à une image. Qu'il ouvre un débat, tant mieux aussi. Qui pense aujourd'hui que l'on a plus besoin de penser et de se confronter ? Mais je rêve d'une prochaine occasion, pourquoi pas la manifestation du premier mai, où aux images de Pascal Colrat, Gérard Paris-Clavel ou Thierry Sarfis... cents autres images fleurissent... dans la manifestation. Quels beaux débats en perspective... - Quelle erreur ?Si d'un point de vue esthétique je suis assez d'accord avec Pierre Bernard (ne pas "Confondre la représentation de l'ennemi politique avec son corps vivant", car oui, comment réagirait alors les communistes si le FN se permettait maintenant un détournement identique dans le traitement de Marie George Buffet), pour moi l'erreur est avant tout politique. Et là encore Pierre Bernard le souligne très justement ("je suis scandalisé que tu aies trouvé un supporter actif dans le Parti communiste français pour l'éditer et la diffuser").

Si la blague peut faire sourire au comptoir, elle est irresponsable au regard de l'attaque faite à la fonction du président par le PCF.
Mais surtout, en terme de communication, elle ne prend absolument pas la mesure du signal envoyé par les (non) électeurs. Au contraire, elle tombe largement dans l'autosatisfaction.
Si la droite prend une belle déculottée à ces élections, si la gauche l'emporte, tous les partis, toutes les listes continuent de perdre des voix. Les citoyens sont écœurés de l'inaptitude des partis à résoudre leurs problèmes quotidiens. Le rejet de la politique est massif. Et au moment où il faut prendre la mesure de cela, le PCF se fait plaisir en défigurant l'"icone Sarkozienne".
Bravo, belle preuve de courage. J'imagine d'ailleurs que le souvenir de cette image n'ira pas réellement plus loin que l'utilisation ponctuelle qui en a été faite.
Le débat n'est donc pas sur la liberté d'expression d'un artiste, mais ici - expression d'un parti politique -, du choix de l'utilisation de son travail dans un contexte donné.
J'espère que Pascal saura à l'avenir mieux anticiper les cadres de récupérations de son travail... - j'assume("je suis scandalisé que tu aies trouvé un supporter actif dans le Parti communiste français pour l'éditer et la diffuser").

et bien monsieur qui préfère rester anonyme c'est votre choix et votre droit.
encore une fois j'assume mon image et j'assume entièrement sa diffusion et son utilisation par le pcf. Ce n'est pas la première fois ni la dernière qu'un parti de gauche me demnde ou me commande le droit d'utiliser une de mes créations.
si la cause défendue me semble juste.
ma position aux dernières élections était très claire pour moi, mon image aussi.
pascal - j'assume entièrementchère lili j'assume entièrement et totalement mon image et sa diffusion par le pcf

ce n'est pas la première fois qu'un parti politique,
de gauche ou progressiste, une organisation syndicale, une association "act up" "amnesty international" font appel à moi pour me demander le droit d'utiliser une de mes créations.
je suis responsable de mes choix.
ils sont clairs et mesurés.
j'ai voté front de gauche, mes images vont dans le même sens, et je serai demain lundi à la mobilisation pour défendre la culture.
parlons en à cette occasion
cordialement
pascal - incompréhensionincompréhension que cette image suscite un tel débat.

je l'ai découverte placardée dans ma ville, puis distribuée sur la manif. A aucun moment je n'ai été choquée, bien que réaliste tout le monde sait que c'est un montage. Violente, oui, mais pas plus que la politique du gouvernement. Et c'est extrêmement méprisant pour la population, qu'on juge alors sans humour, de penser que cette image peut inciter à la violence. Je suis entièrement d'accord avec votre texte co-signé.
cette affiche est géniale, le jeu de mot excellent et j'ai bien ri en la voyant. - la liberté d'expression artistique !!!Angela Davis

la torpeur, le flegmatisteme... et l'audace dans la créativité artistique ...
on ne s'interresse a rien en dehors de son nombril
et de sa petite...
si cette affiche permet la reflection ,tant mieux et je dis bravo...
si cette affiche permet de faire débat ,je dis tant mieux.
c'est bien de ne pas etre que spectateur,
c'est bien de pas etre uniquement contemplateur de ce qui nous entoure ,et de ce qui se passe ... - Qui incite à la violence ?Cette image de l'incitation à la violence, quelle blague!

La vrai incitation à la violence c'est quand les propos racistes de représentants du peuple ne sont plus que considérés comme de simples "dérapages". Ou bien quand l'on sous titre une image avec 4 jeunes noirs à casquette par "délinquants" sur le site de L'ump, ou encore quand dans une même phrase d'un même discours présidentiel ou dans un grand débat, on agglomère sur un même plan les mots "musulman" , "fondamentaliste", "immigré"," "extrémisme"," burqa", "assistanat"... Avec de vrais résultats cette fois: dégradation de mosquée, un vote FN en progression, un racisme mieux affiché ... Qui incite à la violence ? Qui est la "brute épaisse" ? Quelles violences extrêmes a engendré cette affiche ?
Sur l'outil photoshop, quand on enlève des bourrelés à Sarkozy ou quand on lui rajoute un coquard , il n'y a pas de différence, la seule différence que j'y vois c'est que l'une de ces deux créations se fait passer pour de l'information.
Adrien H. - un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marchecher Adrien nous ne nous connaissons pas mais merci de votre soutien, votre texte est un des plus justes que j'ai eu l'occasion de lire.

: La vraie incitation à la violence c'est quand les propos racistes de représentants du peuple ne sont plus que considérés comme de simples "dérapages".
il me rassure contrairement à d'autres ou l'on me demande je cite "de corriger mes erreurs" ou encore " de retirer mon image" ou pire que "les graphistes doivent être des garde fous".
que les photomontages ça doit ce faire selon la formule "truc" et surtout pas autrement.
bref ça fait 20 ans que j'ai quitté les beaux arts
et 20 ans que je fais des images alors les leçons de bonne conduite graphique... je les collectionne dans un joli livre que je ne lis jamais, mais que je publierai un jour. encore une fois les règles en matière de création graphique ou photographique, il faut plus que s'en méfier, il faut tout simplement les ignorer. ni dieu ni maitre ni règles, seulement une chose suivre son intuition, sa perception plastique du monde. c'est essayé de faire, d'inventer son vocabulaire, sa grammaire, même si l'on fait comme moi une faute d'orthographe par mot.
il y a par contre dans certains des courriers de jeunes graphistes ou étudiants qui comprennent que l'époque du photomontage "qui se voit" ou de l'image politique qui doit être forcément humoristique et bien que cette époque est terminée qu'il est possible de parler de représenter le politique autrement d'une façon plus "directe"
vous avez totalement raison cette image n'incite en rien à la violence tout au plus elle stimule un dialogue, un échange et c'est déjà mieux que rien.
Audiard disait "un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche."
à bon entendeur salut.
je préfère être un con qui marche et qui essaie quelque chose qu'être assis et donner des lecons. - un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marchecher Adrien nous ne nous connaissons pas mais merci de votre soutien, votre texte est un des plus justes que j'ai eu l'occasion de lire.

: La vraie incitation à la violence c'est quand les propos racistes de représentants du peuple ne sont plus que considérés comme de simples "dérapages".
il me rassure contrairement à d'autres ou l'on me demande je cite "de corriger mes erreurs" ou encore " de retirer mon image" ou pire que "les graphistes doivent être des garde fous".
que les photomontages ça doit ce faire selon la formule "truc" et surtout pas autrement.
bref ça fait 20 ans que j'ai quitté les beaux arts
et 20 ans que je fais des images alors les leçons de bonne conduite graphique... je les collectionne dans un joli livre que je ne lis jamais, mais que je publierai un jour. encore une fois les règles en matière de création graphique ou photographique, il faut plus que s'en méfier, il faut tout simplement les ignorer. ni dieu ni maitre ni règles, seulement une chose suivre son intuition, sa perception plastique du monde. c'est essayé de faire, d'inventer son vocabulaire, sa grammaire, même si l'on fait comme moi une faute d'orthographe par mot.
il y a par contre dans certains des courriers de jeunes graphistes ou étudiants qui comprennent que l'époque du photomontage "qui se voit" ou de l'image politique qui doit être forcément humoristique et bien que cette époque est terminée qu'il est possible de parler de représenter le politique autrement d'une façon plus "directe"
vous avez totalement raison cette image n'incite en rien à la violence tout au plus elle stimule un dialogue, un échange et c'est déjà mieux que rien.
Audiard disait "un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche."
à bon entendeur salut.
je préfère être un con qui marche et qui essaie quelque chose qu'être assis et donner des lecons.











La comparaison faite avec Chaplin est totalement déplacée puisqu'au contraire c'est le symbolisme et l'humour qui illustrent ses films. une fleur, une larme, mais pas cette violence crue.
Aucune distance avec ces blessures qu'un sparadrap aurait mieux illustrées. Improve Pascal