Quand je fais comparoir les images passées<br />
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Au tribunal muet des songes recueillis,<br />
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Je soupire au défaut des défuntes pensées,<br />
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Pleurant de nouveaux pleurs les jours trop tôt cueillis.<br />
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Des larmes oublieux, mon œil alors se noie<br />
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Pour les amis celés dans la nuit de la mort,<br />
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Rouvre le deuil de l’amour morte s’apitoie<br />
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Au réveil sépulcral des intimes remords.<br />
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Je souffre au dur retour des tortures souffertes,<br />
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Je compte d’un doigt las, de douleur en douleur.<br />
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Le total accablant des blessures rouvertes<br />
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Et j’acquitte à nouveau ma dette de malheur.<br />
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Mais alors si mon âme, Ami, vers toi se lève,<br />
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Tout mon or se retrouve et tout mon deuil s’achève.<br />
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William Shakespeare - Sonnet 30 - traduit par Charles Garnier<br />
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Poème dit dans le spectacle de Tiago Rodrigues « By Heart »<br />
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Merci à Tiago Rodrigues et à Pascal Colrat